COP28 : un accord historique a été trouvé pour sortir des énergies fossiles

undefined 13 décembre 2023 undefined 13h11

Lucie Guerra

Elle restera, sans le moindre doute, gravée dans les esprits. Mercredi 13 novembre au matin, après une nuit de prolongation à Dubaï, les États participant à la COP28 sont parvenus à trouver un accord concret qui permettra de « transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques, d’une manière juste, ordonnée et équitable, en accélérant l’action dans cette décennie cruciale », comme le détaille le texte.

C’est la toute première fois que les énergies fossiles, principale source du réchauffement climatique, ont une place dans un accord de la COP. « La COP28 marque le début de la fin de l’ère des énergies fossiles. Ce résultat doit être exploité par les gouvernements et les marchés, il marque clairement le début de la fin du charbon, du pétrôle et du gaz dans l’économie mondiale et de la croissance massive des énergies renouvelables », a salué Linda Kalcher, directrice executive de Strategic Perspectives, à Novethic.


Des objectifs environnementaux multiples
 

Un tonnerre d’applaudissements a rententi lorsque le Sultan Al Jaber, président de la COP28, a confirmé l’adoption de l’accord. « Ça se termine très bien, mieux qu’espéré, c’est presque historique, on dessine un futur largement décarboné », a réagi François Gemenne, spécialiste du climat et l’un des auteurs du sixième rapport du GIEC, au micro de France Inter, le 13 décembre. Si des points négatifs restent à souligner, il salue cette victoire. « Rendons-nous compte qu’on est ici aux Émirats arabes unis et qu’on va acter la sortie des énergies fossiles. C’est comme si la France renonçait au cinéma et à la gastronomie », déclare-t-il. 

En adoptant en tel texte, les objectifs sont multiples : « atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, conformément aux préconisations scientifiques », tripler la capacité à produire des énergies renouvelables, doubler le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique d’ici 2030. Le tout pour tenter de maintenir un réchauffement climatique de 1,5° maximum, comme prévu par l’Accord de Paris en 2015.


Une victoire avec des zones d’ombre

Une victoire pour certains, un texte plein de points noirs pour d’autres. À commencer par les termes utilisés. Il y est notamment inscrit que l’objectif est de « transitionner progressivement » (transitioning away) hors des énergies fossiles. L’abandon ne va donc pas être immédiat. Autre problème, aucune date ou méthode n’ont été définis. Libre donc à chaque pays d’enclencher cette sortie progressive quand et comment il l’entendra.