Un tiers de nos fruits et légumes contiennent de dangereux pesticides

  • Lila D
  • Environnement
  • Publié le 25 Mai 2022 à 14h42
Crédit Unsplash

Alors que certains d’entre nous sont passés au bio depuis belle lurette, d’autres risquent de vraiment s’y mettre sérieusement. Un rapport sur les traces de pesticides dans les fruits et légumes par l’ONG a été publié par Pesticide Action Network Europe (PAN). Entre 2011 et 2019, le bilan est à la hausse.

L’Union Européenne clame depuis 1991 sa volonté absolue de réduire le recours aux pesticides, avec la législation des résidus retrouvés dans les denrées alimentaires. Elle la clame d’autant plus depuis mai 2020, avec sa stratégie De la ferme à la table qui a pour objectif de réduire de moitié le recours aux pesticides d’ici 2030. Un beau programme n’est-ce pas ? Il le serait s’il était un tant soit peu appliqué. D’après le rapport de la PAN, l’ONG ayant sorti ce bilan, sur 97 000 échantillons, 29% des fruits frais contiennent des pesticides contre 18% en 2011.

Les fruits, principaux concernés

En première place du fruit contenant le plus de traces de pesticides : la mûre avec 51%, les pêches à 45%, les fraises à 38% et les abricots à 35%. Il est évident que laver ses fruits avant d’y croquer à pleines dents ne suffira clairement pas pour enlever toutes les traces de produits chimiques. Les pommes et les kiwis sont également concernés avec environ un tiers de leurs productions concernées.

Les légumes seraient moins « contaminés »

Globalement, les légumes seraient moins sujets aux insectes et aux maladies, et donc moins traités. On peut notamment voir que 13% des échantillons sélectionnés contiendraient des traces de pesticides, contre 13% en 2011. Parmi les légumes en contenant le plus, on peut trouver le céléri, et le céleri-rave, puis le chou kale avec 31% des échantillons contenant des pesticides.

Un échec de l’Union Européenne

Depuis 2011, l’UE est censée faire avancer la problématique, avec des autorisations réglementées, la réduction de l’utilisation de pesticides de synthèse, et surtout encourager les alternatives les moins nocives chimiques ou non chimiques. Le constat de l’ONG, est pourtant sans équivoque : « Les gouvernements manquent à leurs obligations légales ». L’organisation appelle donc à d’autres moyens, notamment à une « interdiction directe des douze pesticides les plus toxiques » et à « une élimination totale des 55 pesticides très nocifs d’ici à 2030 ». L’INSERM (Institution de la recherche médicale) a été contacté par Libération.

« C’est comme si on disait que tout le monde est alcoolique parce qu’il y a quelques traces d’alcool dans un éthylotest » a réagit Luc Multigner, directeur de la recherche médicale. Certes ce rapport n’apporte aucune précision sur la quantité de traces dans les denrées, cependant une de leur expertise publiée en 2021 concluait « une présomption forte de lien entre l’exposition aux pesticides de la mère pendant la grossesse ou de l’enfant et le risque de certains cancers (leucémies, tumeurs du système nerveux central) ». L’important ne serait peut être pas la quantité de traces, mais simplement le fait qu’il y ait des traces. 

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